Pourquoi croire, et pourquoi l’on croit…

Claude Gosselin

 

Je me souviens d’être arrivé sur une dissertation sur ce qui porte les gens à chercher dans « la foi » un sens à leur vie et leur place dans ce monde. Le texte affirmait que l’attrait des pratiquants pour « la foi », leur motif inconscient, c’est la sécurisation calquée sur la sécurité qu’obtient un enfant de ses parents, pourvoyeurs et sources d’affection et de bonheur. Selon l’auteur, un psychologue, « la foi » est une tentative de reproduire la sécurisation de l’enfant auprès de ses parents, d’où la croyance en un « Père tout-puissant ».

Je dois admettre que j’observe beaucoup de diversité entre les « crédos personnels » des croyants, et ce manque d’uniformité est un symptôme de la subjectivité dans la foi de chacun. S’ils prient tous le même Dieu, ne devrait-on pas voir une uniformité dans leur croyance et leur agir, conditionnés par leur foi ?

Mais j’ai aussi un souvenir d’enfance d’avoir accompagné ma grand-mère, dame très priante et pieuse, à l’église du village, pour ses dévotions personnelles. Tant qu’à être à l’église, j’ai pris du temps pour prier, seul, comptant sur mes doigts les « Je vous salue Marie ». J’ai été interrompu dans ma prière, dans le fil de mes pensées, comme si quelqu’un m’enseignait quelque chose d’important : « L’origine de l’homme et sa destinée se trouvent en Dieu. » et ensuite « La bonté, c’est le bien véritable ». Je trouvais que mes pensées étaient particulièrement profondes ce soir-là, surtout que j’avais alors 8 ou 9 ans. Aussi, mes parents m’accompagneraient pour une autre cinquantaine d’années, pas de sécurité à reproduire de ce côté-là. Et je serais très étonné qu’un enfant de 8-9 ans me dise ces mêmes paroles.